20/11/2005

ANOTHER COOK BOOK

 

Caillou littéraire (puisque avec ses 393 pages, ce n’est certainement pas un pavé, hahaha) ingurgité cette semaine : Quelque Chose de Pourri au Royaume d’Angleterre (A State Of Denmark), roman de Robin Cook écrit en 1970 mais seulement récemment traduit en français.

 

En littérature, il y a deux Robin Cook. Celui qui écrit des thrillers médicaux assez pourris en Amérique et celui, britannique, qui écrivait des polars généralement adaptés au cinéma avec Michel Serrault et est totalement adulé par les spécialistes du genre.

 

J’étais Dora Suarez. C’est l’un de ses titres, le pire. Un machin vraiment horrible, noir à se tirer une balle ; avec des malades du sida en phase terminale, des meurtres crapuleux et des gens qui prennent leur pied en se faisant bouffer le cul par des sortes de hamsters. Affreux mais très fort et aussi, parfaitement culte.

 

Reste que moi, j’ai toujours eu un problème avec les bouquins de Robin Cook. Ce type n’est pas loin du génie pour planter une situation chiadée, chipoter le paranormal (il y a toujours un fantôme ou un présage qui traîne), analyser les abîmes de l’âme. Seulement dès qu’il s’agit de faire parler ses personnages, c’est des pages et des pages de disputes à la con entre durs à cuire de pacotille et on n’y croit plus une seconde.

 

C’est pareil, ici. Quand il s’agit de décrire la vie d’un petit village italien, sa routine ensoleillée et ses démons mal enterrés, c’est magnifique. Quand il faut mettre en scène la tension, c’est fébrile. Quand ça cause aux fantômes, on y croit. Et puis, bouf, le héros se fait secouer, il ouvre sa gueule et badabing, il jacte comme Charles Bronson dans ses pires navets sur 20 pages.   

 

Ca va. State Of Denmark vaut malgré cela ses quelques euros. C’est un trip SF à la 1984 :

l’Angleterre est une dictature de type socialiste, quasi en guerre avec le Pays de Galles et l’Ecosse, financièrement exsangue, complètement condamnée. Exilé en Italie, un journaliste jadis très critique envers le système est ramené au pays et déporté dans un camp de redressement.

 

Il existe évidemment plus fort dans ce genre très exploité du one man against one system. Surtout quand il s’agit de récits vécus et non de fiction, d’ailleurs… Reste malgré tout un bon petit roman, à l’horreur pas toujours bien exploitée mais au questionnement terrible sur ce qu’est véritablement le Mal quand tous ceux qui le nourrissent se contentent d’appliquer les ordres pour échapper aux punitions, pour simplement survivre.

 

http://www.polars.org/article18.html



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