07/10/2005

DYNAMIQUE, MOTIVE, FLEXIBLE, ARME ET DANGEREUX

 

Après le flic corrompu et le tueur en série, le chômeur assassin serait-il en train de devenir le nouveau personnage tarte à la crème du roman noir anglo-saxon ? Dans 5 ans, on s’en plaindra sans doute. En attendant, les bouquins restent aussi drôles que percutants. Après Westlake et son formidable Couperet, c’est au tour d’un certain Iain Levison de s’attaquer au thème.

 

Iain Levison est écossais mais vit en Amérique. Il circule peu d’informations à son sujet, sinon qu’il serait professeur dans la ville de Philadelphie, après avoir exercé plein de petits boulots merdiques (42 pour être précis et il a tiré un essai de cette expérience).

 

Un Petit Boulot, c’est justement le titre français de ce premier roman traduit. Après la délocalisation au Mexique de l’unique usine d’une ville minable du Wisconsin, un type bourru porté sur l’alcool et la coke se met à accepter des contrats pour le compte d’un maffieux. Amateur dans l’art de déssouder les gens, quasi amoureux d’une employée du bureau de police, tuant des anonymes contre de quoi racheter la franchise d’une station-service toute pourrie, ce bon bougre de prolo est loin d’être un as de la profession mais prend goût à la tâche et… le métier entre.

 

Il y a d’étranges similitudes avec Le Couperet : dans le ton, dans certaines situations. Un paragraphe entier critiquant le libéralisme reprend même des arguments identiques à ceux développés par Westlake. Mais là où ce dernier se la jouait clinique et machiavélique, Levison se contente plutôt d’une bonne série b : un très sympathique pulp –pas cher, vite lu- avec des personnages cocasses et des situations tordues.

 

Heureusement, ça ne fait pas trop le malin pop dans les dialogues, sans quoi on aurait encore eu un énième erzats de Tarantino. Lorsque se fera le film -avec cette psychologie finaude, ce ficelage amusant et ces situations ancrées dans la critique sociale- ça ressemblera d’ailleurs plus à un bon épisode des Soprano qu’à quoi que ce soit d’autre. Pour moi, ça suffit à réclamer son glop.

 

http://www.popmatters.com/books/reviews/s/since-the-layoffs.shtml

 

 


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Commentaires

....et au fait: Chester Himes tu lis?

Écrit par : Activista | 08/10/2005

... Pas jusqu'à présent. J'étais pas très friand de polars durant tout un temps: les mecs en imper qui causent comme de Kersauzon et découvrent que le vilain tueur de pauvres est le fils du notaire, ça va un moment mais bof... D'ailleurs dans le train, je préfère Technikart.

Écrit par : serge | 08/10/2005

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