30/09/2005

FEEL GOOD INC

 

Les deux hasards de la semaine : 1/ J’ai acheté un numéro des Inrocks, cet infâme catalogue pour adhérents de la FNAC. 2/ Les deux bouquins dont ils parlent (Douglas Cowie et Chuck Klosterman), je les ai lu dans le mois. Etonnant, non ?

 

Douglas Cowie, d’abord. Il a 27 ans et une tête de Beck, avec des rouflaquettes grosses comme des jambons-beurre. Owen Noone & Maurauder est son premier roman. Ca raconte l’histoire de deux types qui se mettent à jouer du folk-grunge à la fin des années 90. Ils reprennent plein de chansons d’un bouquin du folkloriste Alan Lomax et les noient sous les larsens. Ca marche pour eux et la suite est connue : il y a des groupies, le type de la maison de disque est un vrai con, le producteur de l’album, une tache, le succès fait vaciller leurs convictions de départ…

 

Les Inrocks ne sont pas sur le cul : « l’auteur décrit tout cela de l’intérieur, mais il le fait à la manière d’un amateur de rock qui aurait un peu trop lu les récits du NME ou les autres journaux musicaux anglais. » Oui, et alors ? Coppola n’a jamais combattu au Vietnam, Lucas n’a jamais eu à souffrir la tyrannie d’un empire galactique, ça ne les a pas empêché de pondre des chefs d’œuvre à ces sujets, que je sache.

 

Owen Noone & Marauder n’est pas un chef d’œuvre mais soit. Sans pour autant me péter le coccyx en ratant la chaise, je le trouve plutôt bien, ce bouquin. Il est naïf mais cette naïveté le rend sympathique, ce qui n’aurait pas forcément été le cas d'un nouveau Spinal Tap incisif et cynique. Et puis, il est toujours bon de lire que quelque part dans le grand univers, il y a d’autres gens pour penser que dénigrer les employés de labels et les politiciens de droite sert encore à quelque chose. Les descriptions de ce que ressentent sur scène les musiciens sont touchantes et probablement très bien vues. Il y a aussi une petite  morale toujours appréciable que l’on retrouve dans beaucoup de grands films sixties (Butch Cassidy & The Kid, Le Lauréat…) : armé d’une grande gueule bien huilée, s’élever du rang de merde à celui d’individu, toucher les étoiles et baiser la terre entière est à la portée de tous. Même si on meurt ou rejoignons le rang à la fin.

 

Chuck Klosterman, c’est autre chose. Le mec est marrant, il balance de bonnes vannes, on doit bien rigoler avec lui, d’autant qu’il semble aimer picoler. Son « Je, La Mort & Le Rock & Roll » n’en traîne pas moins quelques casseroles.

 

1/ Klosterman a des goûts de merde. Il écrit pour Spin, gros torchon de rock corporate, a grandi au son de trucs vaguement heavy-metal, délire sur Beyoncé et Radiohead. Bref, dès qu’il cause musique, on a envie de le baffer et de le traîner à un concert des Test/Icicles, histoire de lui laver les oreilles.

 

2/ Klosterman semble être très impressionné par les bouquins de Nick Hornby. En tous cas, comme lui, écouter de la musique et parler de ses exs semble lié. Moi, faut savoir que je HAIS Nick Hornby, qui n’est jamais qu’une sorte de Bridget Jones pour anciens fans des Smiths devenus bons pères de famille et pleurnichant leur adolescence en grommelant les paroles de groupes à chiottes du calibre du Beta Band.

 

3/ Klosterman balance tout de même quelques fulgurances, comme son explication du Syndrome de Cotard, une maladie qui me fait frissonner et hérisser le poil rien qu’à l'évoquer (Google, les gars).

 

Enfin voilà, je préfère quand même le premier et tous deux entrent dans la catégorie « frais généraux » puisqu’on me presse de moi aussi écrire un truc du genre et que je prends la proposition très au sérieux. Mais d’abord, élaguer les poils de la main.  

 

http://www.spin.com/

http://www.powells.com/ink/klosterman.html

http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=49054/idR=200





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Commentaires

Roberta Fleming hey! Moi j'adore NicK Hornby (enfin surtout High Fidelity) et j'adore aussi les Smiths! Mais je suis jeune et mince et sans enfants!!!! Enfin je dois dire que tu n'as pas tout a fait tort, ta critique et bien vue, décidemment, tu as toujours raison, même là!pffff

Écrit par : Holly | 30/09/2005

3-0, 2-1 ? Etre un ANCIEN fan des Smiths doit être une des choses les plus terribles qui puisse arriver à quelqu'un, une défaite tellement énorme qu'on ne peut en avoir conscience. Et peut-être les lecteurs appréciant Nick Hornby sont-ils destinés à le devenir.

Écrit par : Grand Jaguar | 30/09/2005

carton jaune Etant fana de foot, ce bouquin était d'une grande justesse. J'avoue avoir été déçu par les autres... High Fidelity ressemble justement à ces cassettes qu'on faisait pour des potes pour montrer ô combien on était cool (j'y ai même mis certains morceaus de Beta Band...).
En ce qui concerne les Smiths, ai tj préféré Lloyd Cole and The Commotions(d'un autre côté...). Comprends l'animosité envers les fans des Smiths(dont l'importance n'est niable). Ce qui est affreux c'est que ces bonzomes, sur avis des inroks, se sont mués en fans de Divine Comedy et autress merdes...
Vais acheter Owen... bien que n'ai de notes de frais et ne sois sollicité dans le cadre de la rédaction d'un bouquin.

Écrit par : thevogues | 30/09/2005

Irrécupérable En plus d'avoir apprécié High Fidelity et de toujours écouter The Smith, j'ai pris un plaisir honteux à lire Bridget Jones. C'est sans issue mais pas beaucoup plus que de vouer un culte à Star Wars, me semble-t-il...

Écrit par : Momo4ever | 30/09/2005

petites listes hornbyennes Je ne voue pas un culte à Star Wars (contrairement à Badlands, Fargo, The Big Lebowski, Deliverance, Donnie Darko, Apocalypse Now, Barry Lyndon, Ipcress Danger Immédiat, The Omega Man et La Planète des Singes), comme tout gamin ayant eu 7 ans en '77, j'ai simplement été très fort marqué un peu à l'insu de mon plein gré. Tu crois que c'est pas lourd à porter d'encore connaître le nom des véhicules secondaires de l'Empire près de 30 ans plus tard?

Écrit par : serge | 30/09/2005

barbarism begins at home Tiens, vous êtes encore une fois tout un tas à être complètement à côté de la plaque : je charrie les anciens fans des Smiths devenus adeptes du Beta Band et hop, je passe pour un gars qui déteste ce groupe alors que c’est précisément l’un de ceux pour qui j’ai le plus grand des respects. Maintenant clair que les fans –qui faisaient tout de même montre dans les années 80 d’une sacrée intransigeance- qui ne verraient aujourd’hui rien de mal à ce que Johnny Marr joue avec les Pet Shop Boys ou considèrent toujours cette vieille bite de Moz comme un dieu vivant, ils me donnent plutôt envie de ricaner.








Écrit par : serge | 30/09/2005

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