18/09/2005

COSTA-GRAVOSSE

 

Il y a quelques posts, je vous criais en déchirant ma chemise à quel point Le Couperet, roman de Donald Westlake, est grandiose. Vendredi soir, j’aurais bien crié en déchirant le lecteur de DVD à quel point Le Couperet, adaptation par le pourtant très respectable Costa-Gavras, est une bouse.

 

Le roman est linéaire. Un mec banal et plutôt effacé en a marre d’être au chômage, il se met à buter ceux qui pourraient décrocher la place de ses rêves. Une fois bien alignés les cadavres, il revêt son plus beau costume et se rend à l’entretien d’embauche. Point.

 

Le film prend le parti de rendre le personnage détestable, de jouer sur une temporalité puzzle et de changer la fin. Bref, un José Garcia bien peigné mais grimaçant en a marre de tout. A chaque fois qu’il sort de chez lui, il y a une pub pour culottes, soutiens-gorge ou bagnole dans le décor et il se met à buter des acteurs ayant plus leur place dans un épisode de Derrick que dans un polar teigneux et socialement engagé, financement euro-pudding (voir ce mot) oblige.

 

Une fois expédiés les cadavres (dans le bouquin, l’amateurisme du tueur crée une tension et une cruauté dégueulasse; dans le film, ça tue mal mais rapidement des tronches de cake dont on se fout totalement), José devient calife à la place du calife mais c’est sans compter Modesty Blaise qui vient lui demander des comptes.

 

On voit que je me suis fait chier à me regarder pousser les crocs devant cette innommable merde. Le pire, c’est que dans les bonus, tout le monde crie au génie du bouquin. D’où question à euro-millions : comment peut-on dénaturer à ce point un truc qu’on aime ?


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Commentaires

DOA (daube on arrival) L’adaptation ciné de V For Vendetta en blockbuster kung-fu arrive. Pour rappel dans le bouquin, le parlement britannique est plastiqué par un terroriste et celui-ci séquestre une gamine dans sa cave. Après les attentats et Dutroux, ça m’étonnerait que ça passe…

Écrit par : serge | 18/09/2005

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