28/08/2005

YOU MISERABLE COCKSUCKER

 

Apparus quelques années auparavant mais seulement respectés vers 1994-95, les fameux quotas destinés à assurer la présence de productions locales sur les ondes radiophoniques ont souvent été caricaturés comme une énième lubie de ministres patachons se désolant de si peu entendre Brassens et Ferré ou Beaucarne et Rapsat sur leurs réveil-radios. S’il y a sans doute bien un peu de ça, évidemment, la réalité, c’est qu’il s’agissait surtout de mesures protectionnistes à l’égard des industries locales du disque. 

 

Imaginez-vous à la tête d’un label. Dans un premier temps, vous êtes bien emmerdé. Sur 10 morceaux, les radios doivent désormais passer 4 produits du terroir. Vous regardez votre liste de trucs à sortir : rien de belche mais bien 3 reprises hip-hop de Police par des niggers from the hood, 2 slow rital, le générique de Goldorak remixé par DJ Thalidomide et 4 machins, du calibre, disons, de Pulp. Le problème est essentiellement comptable : décider qui va sauter des plans promo, puisque 4 de ces artistes ne passeront jamais en radio pour cause de quotas. Et dans votre caboche pleine de coke de petit épicier : sans radio, pas de promo digne de ce nom. Solution : say adios to Jarvis, please welcome Puff.

 

Puff étant bien entendu un investissement au risque minimal : tout le monde aime Police et le rap fait mouiller quand il est juste canaille ce qu’il faut. Comme vous récupérez le budget des 4 Jarvis envoyés au pillon, vous voilà en plus avec entre les mains de quoi payer le martelage de Puff, le placardage de sa gueule sur le moindre pan de mur de la ville et des billets d’avion à gogo pour emmener kiffer les journalistes dans Puff son barrio. Puff, Puff, Puff, Puff. A côté de ça, le générique de Goldorak marche tout seul et vous vendez la licence pour le ring tone. Par ailleurs, vous parvenez aussi à convaincre un pote producteur télé d’inclure le slow rital dans un reality-show. Bref, super bon bon sur le relevé TVA trimestriel et qu’ils se démerdent, à la radio, avec leurs 4 conneries belches…

 

Pas pour longtemps, parce que quelqu’un -disons un rappeur qui en a un peu marre de manger des cacahouètes en appelant au meurtre des flics ou, en Belgique, un poppeux se disant que copier Labradford, c’est bien joli mais que copier Blur, c’est plus rentable- vous propose un plan d’enfer : passer « son message » au grand-public en arrondissant les angles qui lui ont façonné sa crédibilité underground, sur laquelle il peut toutefois compter pour créer le buzz.

 

Bon sang, vous vous dites, mais c’est bien sûr, il a raison, ce con : il suffit d’artificiellement faire évoluer l’underground  –hip-hop, house, métal et pop - vers une forme de variété standardisée, formatée, facilement  marketable et répondant aux quotas gouvernementaux et non seulement, ce sera sans doute jackpot mais en plus on vous considèrera comme le Fils du Soldat Inconnu, héros national ayant regonflé à lui tout seul le Coq Wallon ou l’Exception Française.

 

Ce n’est bien sûr pas la première grande escroquerie du rock and roll. Mais c’est peut-être bien l’une des plus minables. La Maffia et le Rat Pack, Malcolm McLaren et les punks, les combines eighties des producteurs techno, tout cet argent sali par les gangs et blanchi par le rap… C’est romanesque, fascinant, légendaire… Là, c’est juste des petits épiciers écoulant leurs fruits pourris à de jeunes blaireaux pour qui un classique du rock, c’est une musique de trop chouette spot publicitaire. Pour résumer : dans Sacrées Balloches, il y a couille.  



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Commentaires

hélaaa... mais c'est que la sous-merde du Voxer devient libéraleuuu!!!

Écrit par : Locke | 28/08/2005

une future référence ? serge bangs ou lester coosemans?

Écrit par : kooolman | 28/08/2005

Mon petit chien Je me souviens, quand j'étais gosse, j'avais un petit chien, tout petit, genre zineke que mon père, pour des raisons restées obscures, avait ramassé chez Veeweyde. Ce chien minuscule était d'une formidable agressivité, il aboyait sans cesse, pour n'importe quel pretexte, une voiture qui se gare, une voix dans la rue, un téléphonne qui sonnait. L'animal était en permanance hors de lui. Souvent, il tentait de mordre mais sa taille quasi bactérienne, rendait ses coups de dents aussi inutile que ridicule. Avec ma soeur, nous l'observions, fascinés par la méchanceté compulsive et l'extraordinaire énergie qu'il pouvait déployer dans des comportements aussi vain qu'une masturbation frénétique qu'il pratiquait régulièrement contre un essui de cuisine que ma mère laissait trainer à cette effet, croyant sans doute que ça lui "faisait du bien". Il ne fallu pas longtemps pour que ce chien devienne une sorte d'attraction pour les amis qui nous rendait visite. Il suffisait de claquer des doigts, de laisser tomber un couvert ou de lui tendre un biscuit qu'on ne lui donnait jamais pour qu'il nous donne le spectacle de sa fureure de petit caporal nain.
Plus tard, hélas, la colère et la haine qui était la sienne ainsi, sans doute, que le manque de relations sexuelles digne de ce nom, tout cela donc fini par le ronger de l'intérieur. Un cancer se déclara. Généralisé, bien entendu et qui l'emporta en moins de quinze jours.
Locke me fait un peu penser à lui.

Écrit par : Tom | 28/08/2005

Tom Formidable!

Écrit par : serge | 28/08/2005

Sniff... Tom, désolé pour le chien mais tant pis pour "le torchon"....Génial le texte.Mort de rire....Tiens Sergueï, juste une question, le mot liber"tar"ien, trouve t'il une partie de son étymologie dans le mot "tare"?

Écrit par : ericB | 28/08/2005

Tout à fait, il s'agit de nous libérer (liber) des tarés (tare) qui ne servent à rien (rien), c-à-d les étatistes.

Sergio, je n'écris que sous mon propre pseudo. Et puis j'ai franchement d'autres choses à foutre que venir troller sur ton blog, des choses intéressantes... écouter le dernier Puff par exemple.

Pour le reste, et personne ne l'a jamais relevé, toutes ces mesures d' "exception culturelle" puent le nationalisme à crever. LePen aurait fait une loi dans ce genre que tout le monde aurait gueulé, comme quoi ce qui compte ce n'est pas ce qui est fait, mais par qui c'est fait et comment c'est présenté.

Écrit par : Gadrel | 28/08/2005

Yeaaah! Salut la sous-merde!
Sans déc', Ils sont super cools tes potes, un roquet rappeur et un stand-up humoriste débarqué du festival de Rochefort. Quelle ménagerie, mon con!
En parlant de ménagerie, le crane rasé sur ta photo de babouin, c’est pour chasser les parasites?

Écrit par : Locke | 29/08/2005

... Mais le plus étonnant c'était que, malgré nos moqueries, ce petit animal ne pouvait s'empêcher de nous être fidele et de nous revenir. Encore et encore, comme ces tristes pervers dans la prison de leurs perversions.

Écrit par : Tom | 29/08/2005

Ouiiii, encore! T'es un sacrément bon conteur, Tom Pouce.
T'as pas lu les annonces cette semaine? On cherche des saisonniers à Chassepierre. Ouais, des raconteurs d'historiettes gentilles, avec coccinelles et petites fleurs partout. Motivant pour un guignol dans ton genre!

Écrit par : Locke | 29/08/2005

... Il revenait donc, encore et encore. Un jours, je surpris le copain de ma soeur : il avait coincé le chien entre deux chaises et il lui brûlait la truffe avec un briquet. Devant mon air, le copain m'a indiqué la queue battante du Zineke.
- Regarde, il avait dit, il aime ça.
Plus tard, un vétérinaire à qui j'avais posé la question m'apprit qu'un comportement de type "morbide masochiste" (je le cite) pouvait venir d'une relation mal vécue entre le chiens et sa mère. Un sevrage trop précoce, de mauvais traitements, un rejet au moment de la naissance...
- Comme chez les gens ? J'avais demandé.
- Exactement. Il avait dit.

Écrit par : Tom | 29/08/2005

Intéressant Voilà une chronique qui apporte un éclairage nouveau (pour moi) sur les distorsions introduites par la politiques des quotas.


Écrit par : Constantin | 29/08/2005

Eric B J'avais une autre hypothèse pour l'étymologie du mot libert-aryen...

(faciiile, je sais)

Écrit par : Debbie Pinson | 29/08/2005

Faciiiile,....Debbie J'y avais aussi pensé, mais je n'ai pas osé. Maintenant à la lecture de la réponse de Gadrel, (il s'agit de nous libérer (liber) des tarés (tare) qui ne servent à rien (rien), c-à-d les étatistes....) je me pose les questions suivantes : sont-ils dès lors tournés vers une forme de suicide collectif? A quand ce grand "passage à l'acte"? l'ont-ils envisagé? comment faire pour les aider à accomplir ce "beau geste "censé " nous libérer (liber) des tarés (tare).........

Écrit par : ericB | 29/08/2005

Mon Dieu, que ce blog est toujours aussi faiblard et prétentieux!

Écrit par : Robert | 29/08/2005

katariiiisme ! Robert Bidochon passe la Locke sur le pare-brise de sa Gadrel...

Les tristes sires désoeuvrés se sont donnés le mot pour polluer ce blog.

Écrit par : The Gloth | 30/08/2005

Polluer? Ben non, Glotte mon con,
dire haut et fort que cet endroit sent la merde, c'est un acte de salubrité publique.

Écrit par : Locke | 30/08/2005

... Un sucre ? Un susucre... Ouiiiiii, bon chien... Allez, fait le beau maintenant.... Ouiiiiii

Écrit par : Tom | 30/08/2005

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