26/08/2005

MY NEW FRIEND DON

 

Je suppose qu’on pense tous ça un soir ou l’autre : pourquoi est-ce que j’habite près d’un vidéo-club de merde qui n’a que des bouses pour beaufs ? On y trouve pourtant Old Boy et JSA, des vieux Ventura, toutes les saisons des Sopranos, des bizarreries d’horreur vraiment tordues, quelques classiques seventies en Technicolor… Mais ce soir là, tout ce qui serait encore mettable de l’œil est loué et ça râle sec.

 

Par dépit, je jette alors mon dévolu sur un truc français contemporain. Jacques Audiard, Kassovitz à ses débuts, ce polar dépressif avec Daniel Auteuil qui fait la pute à Londres… Quand on s’éloigne du béton et du Besson, il y a du très, très, très bon en France. Le film s’appelle Je suis un Assassin, s’annonce comme un gentil polar avec Giraudeau (bof), Cluzet (ouais !) et Karen Viard (toujours cool dans le cinéma de genre).

 

Certes, ce n’est pas le film du siècle mais c’est pas mal. En gros, un mec tue quelqu’un et puis s’en fiche, il continue sa vie comme si de rien n’était. Son entourage, par contre, délire complètement et part dans des trips morbides, par jalousie que lui ait eu les couilles de transgresser un gros tabou alors qu’eux ne sont que des bourgeois à la con. C’est un peu plat : Lynch ou les Frères Coen auraient déchiqueté avec un scénario pareil. Signé Donald Westlake.

 

Ah, tiens, Westlake… Je me rappelle vaguement avoir lu un truc de lui quand j’avais 10/12 ans, dont on avait tiré un film avec Redford en voleur de diamants. Il a aussi écrit le scénario du Beau-Père, un thriller horrifique assez culte avec un type maniaque et soigneux qui cherche la Famille Idéale et, bien évidemment, se prend chaque fois une réalité affreuse en pleine poire (la fille fume, le gamin triche à l’école…) et se met alors à trucider ses proches.

 

Me voilà donc avec une grosse envie de lire Westlake : Le Couperet, par exemple…. Dont le quatrième de couverture me faisait de l’œil. Au bout de trois jours de lecture morveuse, pas déçu : terrible polar ! Critique acerbe d’un certain libéralisme, soin maniaque quant à la banalité des décors (des pavillons de banlieues proprettes et des hypermarchés plus que des ruelles sombres), intrigue bien huilée (même si la fin est largement prévisible). Costa-Gavras en a fait un film avec José Garcia. Ouais, why not. En tous cas, moi qui était un peu fâché avec la fiction littéraire (jamais un bon sujet d’article ne fera de grands romans, jamais une imagination débordante ne remplacera une vision acérée et pertinente…), me revoilà prêt pour l’aventure dans le papier et l’archéologie bouquiniste.

 

http://www.donaldwestlake.com/

http://www.imdb.com/name/nm0922799/

 



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Commentaires

Auto censure d'ac, j'suis hors sujet, mais Serge s'auto censure maintenant ? (cfr une image qui etait la hier et plus la today ;-) )

Écrit par : bilou | 26/08/2005

djosse Dis bilou, je fais encore ce que je veux, non, sur ce blog?
Donc, il y a des posts à durée de vie limitée et d'autres destinés à la postérité.
Vous êtes vraiment malades à toujours voir de la censure et des nazis partout sur le net...

Écrit par : serge | 26/08/2005

Bah, peut-être que serge n'a tout simplement pas de couilles...

Écrit par : Locke | 26/08/2005

miam Ahhh ben... "Le couperet", ça c'est du grand livre, bien au delà du polar, un génial état des lieux de notre époque, du noir de noir d'une densité suppérieur au charbon. Un bouquin reste comme une cicatrice dans la mémoire. Si tu cherche des bonnes choses, mais tu connais certainement, Bunker est de la même trempe, plus brute de décoffrage, mais avec cette énérgie désespérée des vrais grands...

Écrit par : Tom | 26/08/2005

... Tom,

Edward Bunker... carrément des bouquins d'île déserte, ça.

Loque,

je t'ai déjà dit que tu portais admirablement ton nom, je crois?

Écrit par : serge | 26/08/2005

miam Si tu aime le noir de noir, il y a aussi Joyce Caroll Oats. Elle a fait un bouquin, Zombie à côté duquel Bret Easton Ellis à l'air d'écrire un scénario de la petite maison dans la prairie.

Écrit par : Tom | 26/08/2005

re miam Mais j'oublie le meilleur de l'année, le chef d'oeuvre définitif, le mélange improbable mais réussi entre Buena Vista Social Club, La bête contre les mur, et un porno trash tropical "Le roi de la Havane" de Pedro Juan Guitterez... rien du très très bon (mais pas encore en poche, je crois)

Écrit par : Tom | 26/08/2005

par ici: Un peu de lecture ne te fera pas de mal, M. l'ignare-qui-lit-beaucoup (de conneries):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Locke

Écrit par : Locke | 26/08/2005

Hé trompette libertarienne... T'irais pas demander à ton pote Bastiat une chandelle pour te récurer le cul?

Écrit par : serge | 26/08/2005

je ne voulais pas y croire mais... Pas une once de jugeotte, un style ordurier en guise de procédé de communication, vous êtes bien la sous-merde que l'on m'avait décrit.
Un vrai "cas social", quoi...

Écrit par : Locke | 26/08/2005

Nevermind your bollocks A lire tes idoles politiques, il est indéniable que tu es un garçon d'une grande crédulité, Pipo.

Écrit par : serge | 27/08/2005

bon bon Sinon, vu l'ambiance, un petit Brussolo genre "Enfer vertical en approche rapide". Une histoire sur le cauchemard des relations humaines....

Écrit par : Tom | 27/08/2005

thanks Tom Les prochains, ce seront le Roi de la Havane et le Houellebecq nouveau.

Écrit par : serge | 27/08/2005

lol N'oublie pas le dernier Amélie Nothomb ! :D

Écrit par : Gdem2408 | 27/08/2005

heurk Grosse bouse, dit on, le Nothomb... Comme le Dantec testé par mes soins, goubiboulga de sf prétentieuse... Bon espoir du côté du Houellebeque et du Tom Sharp ("comment échapper à sa femme et à ses quadruplés en épousant une théorie marxiste", la suite du formidable "comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore")

Écrit par : Tom | 27/08/2005

MC PIVOT Dantec, faut vraiment être libertarien pour trouver quoi que ce soit d'intéressant dans sa prose de gros débile mental ayant abusé de caribou à la coke et de poutine à l'acide. Même ses polars m'emmerdent.

Nothomb, jamais lu et je crois pas que ça changera d'ici 35 ans. Après, je serai sans doute mort, alors peut-être. Comme le temps n'existe pas dans l'au-delà, ça donnera moins l'impression de me faire chier, huhuhu.

Écrit par : serge | 27/08/2005

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